
Le problème de la faim dans le monde est un des enjeux majeurs de notre monde contemporain. En effet actuellement 800 millions de personnes ne mangent pas à leurs faims. La question des Droits de l'homme et des libertés civile et politique n'a aucun sens pour ceux qui manquent de ressource primaire à savoir la nourriture. Ainsi la phrase de Félix Houphouët Boigny,
"Un homme qui a faim n'est pas un homme libre", montre que tous les problèmes d'ordre social, économique ou politique sont sous-tendus par le problème de la faim. Dans ce sens la question de l'alimentation, et l'agriculture qui en est la source, est l'enjeu fondamental de notre temps, et sa résolution est la condition de possibilité d'un progrès de l'humanité, sans limite de niveau de vie et de frontière. C'est dans ce cadre que l'Organisation des Nation Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (Food and Agriculture Organization - FAO) a été créée, à la fin de la seconde guerre mondiale.

En effet cette organisation se pose comme une instance visant un but idéal et universel: « aider à construire un monde libéré de la faim ». En tant qu'organe des Nation Unies, elle s'inscrit dès sa création dans une conception idéaliste et universaliste opposé au réalisme dans les relations internationales. Ainsi la faim dans le monde n'est pas perçue comme une fatalité à laquelle aucune action n'est opposable. C'est un problème qui peut trouver des solutions concrètes, afin d'entraîner l'humanité vers un progrès social, politique et économique. Dans ce sens l’idéal de l’organisation, édicté à la conférence de Hot Springs (1943), s'incarne à travers une politique publique qui préconise par exemple des mesures fortes comme le paiement de prix convenable aux producteurs, un salaire minimum, l'intervention directe des gouvernements dans la commercialisation, etc. Cependant la FAO n'a pas eu l'aura qu'on aurait pu lui prédire.