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Cinéma : La Vague est passée, en restent les traces - La nouvelle Nouvelle Vague
Posté par JLR le 4-Nov-2006 (1070 lectures)
Cinéma

La nouvelle Nouvelle Vague.

De Dans Paris, on a surtout dit qu’il était un film hommage à la Nouvelle Vague. Pourquoi pas ? Alors on va voir Dans Paris, et tout commence assez mal. Tout commence avec une introduction par Louis Garrel de ce qui va suivre. Première référence évidente : Jean-Paul Belmondo dans Pierrot le fou, qui parle au spectateur, à travers le temps, l’espace et la caméra, depuis une jolie décapotable. Une référence, pourquoi pas ? Sauf que Louis Garrel parle comme dans un mauvais livre de Christine Angot, à savoir de manière « verbeuse et pédante », comme il le reconnaît lui-même, nous informant qu’il pourrait faire pire. Alors on a envie de crier au secours : on est à Paris, quelqu’un de Paris nous parle de manière verbeuse, on pense à Christine Angot et à une certaine littérature parisienne qui se regarde le nombril parisien et s’écoute parler, et on n’a pas envie que ça contamine le cinéma, et on est presque triste…

Surtout que ça continue un peu dans la même veine : Romain Duris gambadant dans les bois après sa douce avec un discours très farfelu, grimpant sur une branche en équilibre, tout comme Bébel dans Pierrot le Fou le faisait après la délicieuse Anna Karina. Est-on dans un musée ou devant un film ? On pourrait aussi parler de l’omniprésence des livres et des jeux avec les livres, là encore du pur Godart : je prends ton livre, tu reprends ton livre, je déclame trois vers comme un acteur de la Comédie Française, hi hi hi… Alors on a peur de s’ennuyer beaucoup, non pas parce que Godart serait ennuyeux, ce qui est loin d’être le cas, mais parce que à quoi bon remettre le couvert, en moins bien si possible, en moins bien avant tout parce que déjà vu, et une fois que c’est vu, c’est tellement particulier que ça ne se laisse pas replacer sans ridicule…

Mais assez vite le jour se lève. Il en est un premier signe dans la scène du bois justement, qui s’achève dans… un terrain vague un peu crado. Surprise, parce que, chez Godart, ça se passait sur les hauteurs de la Villa Malaparte, c’était tout en pins romantiques… C’est un peu moins classe chez Christophe Honoré, ce n’est pas très sympa pour Godart, c’est un peu comme une blague lourde d’un copain bruyant au bistrot… Du coup, on hausse le sourcil et on se dit qu’il y a peut-être… mais oui, c’est ça, de l’ironie !



Alors on ouvre l’œil. Non, ce n’est pas de l’archéologie. Surtout que, assez vite ensuite, Christophe Honoré range dans sa malle ses jolis jouets et se décide à faire un film. Et là, c’est fantastique. Duris est fantastique, de moins en moins taré et de plus en plus intime, essayant de retrouver le bon usage de la parole et de la vie, rêveur quand il convoque sa sœur suicidée, les traces de la souffrance gravées dans le visage et les yeux, qui s’effacent peu à peu, et encore merveilleux quand il arrive enfin à rire et à faire l’amour au téléphone. Garrel est fantastique, de moins en moins crâneur et de plus en plus soucieux, chaud lapin invétéré et surréaliste, petit con pas vraiment aimable mais terriblement craquant, celui à qui on pardonne tout même s’il ne rend pas grand-chose. Marchand est… stratosphérique, papounet flippé un peu à l’ouest, sauf qu’il n’est en fait pas si aveugle aux évolutions de ses deux gars, sans trop laisser voir qu’il suit l’histoire mais en se trahissant pas des micro gestes, et pendant sa conversation avec son ex-femme, impressionnant en ménager sur le retour, peignoir kitsch, carotte dans la main gauche, économe dans la droite, le souci pour son grand fils suicidaire sur les lèvres ; pathétique, mais drôle avec ça... Renversant Guy Marchand. Du pur bonheur, une mise en scène comme au théâtre, et entre toutes cette scène terminale de la « nuit de confession » entre le dépressif plus tellement dépressif et son frère volage, quoique fragile, plan séquence hallucinant où les deux gredins maîtrisent à fond leur personnage et leur talent. Indicible. Dans cette longue deuxième partie, la partie parisienne, il y a encore de la Nouvelle Vague, mais on respire, parce que c’est très drôle, très fin et très émouvant. Et aussi parce qu’il n’y a pas que de la Nouvelle Vague. On l’aime bien, mais faut pas pousser.

De telle sorte que c’est la fin du film qui donne son relief au début. Celui-ci apparaît alors comme un clin d’œil chenapan aux papas du cinéma, et rétrospectivement on le supporte beaucoup mieux, on le comprend et on l’aime même – d’autant plus que Louis Garrel a démontré entre temps qu’il était tout sauf pédant et verbeux. On est rassuré.

A voir, à revoir, à se coller à la rétine.

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Auteur Conversation
cortisol
Posté le: 24/7/2008 0:07  Mis à jour: 24/7/2008 0:07
Membre+°
Inscrit le: 3/1/2007
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 Re: La Vague est passée, en restent les traces
Un commentaire sans conséquence ni profondeur, que seul les surfeurs apprécieront :


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