
L'astre diurne entame son habituelle course
Déversant ses fins rayons alentour,
La sombre constellation de la Grande Ourse
Diffuse des ondes vidées d'Amour,
Un homme s'éveille à l'ultime conscience,
Nourri aux doux fruits de la sagesse
Envahi par un ténébreux don de prescience,
Il répand, serein, des vagues de tristesse,
Son coeur brûle d'une vivante flamme,
Il abat, incisif,ses frêles ennemis,
Son esprit, sujet à une violente anémie
Tisse patiemment une obscure trame,
Négativement il consomme son existence,
Brisé, son palpitant hurle de rage,
Son esprit, au bonheur, fait barrage,
Et consume son âme par une infinie errance,
Soudain sur le chemin de sa vie,apparaît-elle,
Féerique, belle et néanmoins illusoire,
Drapée du manteau de la vie éternelle,
Elle s'érige en déesse d'un soir,
Mes pas, vers elle, me ramènent,
Incessamment, contre ma volonté, je lutte,
Rien n'empêche mon inéluctable chute,
Au coeur de l'enfer son influence m'emmène,
Elle a trouvé l'entrée de mon inaccessible donjon,
Eclairant ce sinistre décor de sa scintillante présence,
Son amour m'a empli d'un bonheur profond,
Tout comme je souffre désespérément de son absence,
Si seulement mes erreurs je pouvais effacer,
Et ainsi avec elle un nouveau chemin retracer,
Mon être projette tout mon désespoir,
Car son souvenir, lentement, disparaît de ma mémoire,
Au détour d'une sombre ruelle,
Un filet de sang carmin au bord des lèvres,
Le corps entier saisi d'une noire fièvre,
Gît, agonisante, cette douce mortelle.