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Pensamientos : Journée de prévention contre le suicide
Enviado por mano el 3-Feb-2007 (5050 Lecturas)
Pensamientos

"j'ai des larmes dans la gorge qui étouffent mes appels au secours, mais qui les entend?...je marche sur un fil, je sens qu'il va se rompre, mais je ne peux rien faire...il faudrait les cracher, ces mots, les arracher de ma gorge meurtrie et réduite au silence, mais je ne peux rien faire...je voudrais essayer encore de trouver de la grâce à ces jours qui filent pareilles à des étoiles filantes, sans but et sans retour, je voudrais les aimer, les chérir, les embellir ! mais je ne peux rien faire...les blessures qui lacèrent mon âme l'ont amputée de la capacité la plus élémentaire qui soit: l'envie de vivre... et je ne peux rien faire. Mais qui le pourrait à ma place?"


Des appels au secours comme celui-ci, que ma soeur a laissé avant de se suicider 20 jours avant ses 17 ans, il y en a des milliers chaque année et je suis effarée de voir que rien n'existe pour accueillir ces jeunes qui souffrent. La journée de prévention contre le suicide existe pour essayer de faire prendre conscience à chacun d'entre nous que le suicide n'est pas un phénomène isolé, marginal, touchant une catégorie précise de la population, ou même une tranche d’âge clairement délimitée : nous parlons de la première cause de mortalité des 32/45 ans et la deuxième chez les 12/25 ans. Nous parlons de millions de personnes qui, à l’échelle de la planète, chaque année, décident de mettre volontairement fin à leurs jours.



Il y a certainement autant de raisons de se suicider que de personnes passant à l’acte, et le pourquoi des choses est toujours totalement ou partiellement condamné à rester une ombre insondable pour les proches de quelqu’un qui s’est suicidé. Je n’ai pas l’intention de vous détailler les raisons multiples et infinies, qui mises bout à bout peuvent amener une personne comme vous et moi à décider qu’elle ne peut plus vivre parce qu’elle ne le supporte plus, je veux vous parler de souffrance : la souffrance des enfants et des adolescents qui se pendent tous les jours (les mots sont violents mais c’est volontaire je veux que vous ressentiez ce dont je vous parle au plus profond de vous), la souffrance des parents qui ne se remettent jamais du suicide de leur enfant et qui toute leur vie sont rongés par la culpabilité, la souffrance des frères et sœurs qui portent le poids de l’absence des disparus et qui sont amputés d’une part d’eux-mêmes à vie, la souffrance des amis qui ne comprennent pas …

La colère, l’incompréhension, la haine, la rancœur, tous ces sentiments m’ont habitée avec violence à un moment de ma vie, mais je ne veux pas vous parler que de souffrance, je veux aussi vous parler d’espoir. J'ai longtemps condamné ce que je pensais avoir été pour ma soeur une solution de facilité, un geste lâche, et cette idée me blessait.

Je n'ai trouvé la paix que le jour ou j'ai compris que je ne pouvais ni ne devais la juger, et c'est là ou le bât blesse. Il y a des personnes qui tentent de mourir et qui retrouvent goût à la vie parce qu’elles sont soutenues par leurs proches. Dans le cas contraire, retrouver l'envie de vivre paraît insurmontable.Je veux dire ici que le suicide n’est pas une maladie contagieuse, ni honteuse, ce n’est pas une tache qu’il faut cacher à tout prix, il s’agit de détresse, et personne n’est à l’abri de ce mal-être. Je crois qu’il faut en avoir conscience pour faciliter le dialogue, parce que stigmatiser les personnes qui ont attenté à leurs jours en tenant des discours du genre « c’est des fous » ou « c’est dégueulasse de se suicider», c’est renforcer leur solitude et leur sentiment d’être incompris, et les conforter dans leur silence. Etre attentif à ceux qui nous entourent c’est aussi être réceptif et ouvert, ne pas juger surtout.

Il n’y a pas que le soutien des proches qui peut aider quelqu’un à s’en sortir, il y a aussi les infrastructures spécialisées, mais celles-ci font cruellement défaut (c’est l’heure du coup de gueule) : dans la majorité des cas, lorsqu’un adolescent entre à l’hôpital parce qu’il a commis une tentative de suicide, il n’est pas mis en contact avec un psychiatre ou un psychologues, or ce sont dans les heures qui suivent la TS qu’il faut agir, avant que la carapace de l’adolescent ne se referme et ne rende plus difficile voire impossible le dialogue indispensable à l’apaisement.

Nous sommes à une époque ou ce qui est mis en exergue comme étant des buts à atteindre ne correspond pas aux attentes profondes des individus, et ce décalage créé un vide. Par ailleurs les gens n’ont jamais été aussi seuls, et cette solitude face au vide facilite la rupture avec l’existence. Il faut se battre pour que le suicide n’apparaisse plus comme l’unique issue à certains d’entre nous. C’est urgent, c’est vital, il s’agit des gens que vous aimez. Il s’agit de protéger la vie.

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Autor Hilo
pascale
Enviado: 6/2/2007 19:53  Actualizado: 6/2/2007 19:53
Membre+°
Conectado: 23/9/2006
Desde:
Envíos: 63
 Re: Journée de prévention contre le suicide
C'est très fort, ton article, et c'est la seule façon de parler du suicide de proche(s), à mon avis.

Même si, à la fois à la place de ces "proches" et en tant qu'adulte travaillant avec des jeunes en souffrance, je n'ai pas forcément les mots pour mieux répondre, je veux juste te dire que je suis impressionnée par ce grand courage que tu as de trouver (et de donner) des mots pour parler du suicide.
schulhof
Enviado: 8/2/2007 17:24  Actualizado: 8/2/2007 17:24
Membre
Conectado: 23/1/2007
Desde:
Envíos: 16
 Re: Journée de prévention contre le suicide
Je vais certainement en choquer plus d'un, mais je considère cet acte comme le summun de l'égoïsme. Comment, dans cette chute parseméée de prises auxquelles se racrocher, est il possible de se laisser aller jusqu'à l'irréparable?
J'entrevois alors ces petits pantins lachés à la verticale qui se heurtent alternativement du cran gauche au cran droit jusquà l'immobibilité finale.
FIN DU JEU.
Malheureusement je pense qu'un proche ne peut qu'espèrer un défaut de fabrication pour voir le pantin stopper sa dégringolade avant la fin. Le plus souvent, l'offre d'une prise stable pour mettre fin à cette gravité (dans les deux sens du terme) ne fait que précipiter la chute. En effet, la volonté de remettre en cause son existence est un secret qui ne peut souffrir d'être partager. La connaissance de celui-ci par autrui résonne alors comme un sentiment de faiblesse qui ne peut qu'envenimer la difficile situation dans laquel se trouve le funeste comploteur.
D'un autre côté, rien est innéluctable. Comprendre le caractère égoïste de ce geste ne doit pas être facile et requiert certainement beaucoup de temps. Mais disparaître ne vaut que pour soi, l'indicible qui y pousse devient alors le lot de ceux qui restent.
Pour ma part, la compréhension de cette évidence m'a convaincu de ne plus recommencer.
invité(e)...
Enviado: 8/2/2007 18:35  Actualizado: 8/2/2007 18:35
 Re: Journée de prévention contre le suicide
j'ai longtemps pensé que c'était égoïste mais aujourd'hui je ne vois plus les choses sous cet angle
pr se racrocher à quelque chose il faut la force d'attraper la prise et de s'y racrocher
ce n'est pas un acte d'égoïsme absolu c un acte de souffrance, même si au momen de partir on ne pense pas forcément à ses proches mais plutot à sa douleur
quand à précipiter la chute de celui qui a envie de mourir en lui offrant son amour je ne partage pas cet avis, et je parle d'expérience puisque la moitié de ma famill a essayé de mourir et que la plupart ont échoué et ont retrouvé l'envi de vivre grâce a leurs proches, à leur écoute et à leur soutien
mais c'est normal de ne pas être tous d'accord sur le sujet, les sensibilités sont différentes...
invité(e)...
Enviado: 9/2/2007 15:08  Actualizado: 9/2/2007 15:08
 Re: Journée de prévention contre le suicide
A la fois courage et lacheté!
Courage de faire cet acte.
Lacheté d'abandonner le reste.
Mais surtout, seule et unique solution face au (vrai) désespoir.

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