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Philosophie : Justice sociale et politique chez Proudhon
Posté par Hadrien le 10-Apr-2007 (7105 lectures)
Philosophie


II) Le mutuellisme :

A) Le travail comme réalisation de soi :

Proudhon fait du travail un moyen de réalisation de soi, à cet égard, il rejoint la ‎perspective hégélienne dans laquelle l'artiste lorsqu'il crée une oeuvre d'art accepte à ‎la conscience « pour soi ». Nous avons employé le terme d'artiste, car pour ‎Proudhon, le travail a une fonction morale, il permet à l'intelligence « de se faire ‎signe à elle-même », le travailleur se réalise à travers le produit de son travail. ‎L'artisan est le modèle du travailleur pour Proudhon, car son activité permet cette ‎réalisation. ‎
Il condamne donc avec véhémence la division du travail dont il dit qu'elle a pour ‎effet « quand elle est appliquée comme cela se pratique de nos jours, non seulement ‎de rendre l'industrie incomparablement plus productive, mais en même temps ‎d'appauvrir le travailleur, dans son corps et dans son âme [...] ». Il illustre cela en ‎citant ... ‎
‎... sur ce grave objet un observateur non suspect, M. de Tocqueville : A mesure que ‎le principe de la division du travail reçoit une application plus complète, l'ouvrier ‎devient plus faible, plus borné et plus dépendant. L'art fait des progrès, l'artisan ‎rétrograde. ‎
Proudhon a donc une approche morale du travail. Il dit : « L'homme s'élève à l'art, ‎au beau, par l'expérience (l'industrie) et la connaissance (la science) ; voilà tout ». ‎

B) Le travail comme seul producteur de valeur :

Dans son célèbre mémoire qu'est ce que la propriété, il eut une formule qu'il regretta ‎toute sa vie tant on la lui reprocha sans qu'il puisse s'en expliquer: « la propriété ‎c'est le vol » . Ce qu'il condamnait là, c'était le droit d'aubaine, l'intérêt sur le ‎capital, le fait qu'un travailleur se voit dépossédé du fruit de son travail, non par ce ‎que la propriété n'est pas collective, mais par ce qu'il n'est pas lui même propriétaire ‎de ses moyens de production. D'où une autre affirmation qui ne contredit pas dans ‎cette optique la première : « la propriété, c'est la liberté »28; il s'agit là de montrer ‎les deux dimensions d'un même problème, l'une négative, l'autre positive, ce qui ‎constitue une application de sa dialectique. ‎
Proudhon va tout au long de son œuvre opposer capital et travail, en ce sens que le ‎capital ne produit rien, il est nécessaire à l’investissement, mais il ne saurait être ‎source de revenu. Seul le travail produit, et l’intérêt sur le capital constitue un vol de ‎revenu légitime. ‎
Il y a deux emprunts majeurs dans la pensée économique de Proudhon : ‎

Le premier est fait à Ricardo et il concerne la théorie de la valeur. Proudhon ‎considère en effet que la valeur d’un produit correspond à ses coûts de production et ‎que cela constitue son « juste prix ». ‎

Le second, est fait à Jean-Baptiste Say, et correspond à la « loi des débouchés ». ‎Laquelle prévoit que « plus les producteurs sont nombreux et les productions ‎multiples, plus les débouchés sont faciles, variés et vastes ». ‎

La principale source d’injustice dans la sphère économique correspond à l’agiot ‎‎(intérêt sur le capital) en ce sens qu’il prive le travailleur d’une part de son dû. La « ‎loi des débouchés » va inspirer à Proudhon toute sa réflexion sur la nécessité ‎d’assurer la circulation des produits. Ces deux points sont capitaux pour comprendre ‎la logique de la démarche mutuelliste. ‎

C) Le principe de mutualité :

Le mot français mutuel, mutualité, mutuation, qui a pour synonyme réciproque, ‎réciprocité, vient du latin mutuum, qui signifie prêt (de consommation), et dans ‎un sens plus large, échange. On sait que dans le prêt de consommation l'objet prêté ‎est consommé par l'emprunter, qui n'en rend alors que l'équivalent, soit en même ‎nature, soit sous une autre forme. Supposez que le prêteur devienne de son coté ‎emprunteur, vous aurez une prestation mutuelle, un échange par conséquent [...].Ce ‎qui nous intéresse est de savoir comment, sur cette idée de mutualité, réciprocité, ‎échange, Justice, substituée à celles d'autorité, communauté ou charité, on en est ‎venu, en politique et en économie politique, à construire un système de rapports qui ‎ne tend à rien de moins qu'à changer de fond en comble l'ordre social.‎

Proudhon entend donc bien transformer l'ordre social grâce au principe associatif, qui ‎suppose la liberté individuelle et la possession individuelle des moyens de ‎production! Ainsi, Proudhon entend que les échanges soient justes, les hommes ‎libres, solidaires, et qu'en conséquence, l'unité de la société soit assurée. Il ajoute : ‎

Ce que n'ont pu opérer ni la puissance des grands empires, ni le zèle de la religion, ‎la logique du mutuellisme tend à l'accomplir. ‎
L'idée de mutualité « n'est autre chose que celle d'une justice synallagmatique, ‎s'appliquant à toutes les relations humaines, et dans toutes les circonstances de la ‎vie ». ‎
Sa théorie de la mutualité est une application de sa conception de la justice dans la ‎sphère économique. On y trouve en effet tous les points développés dans la première ‎partie : ‎

‎ Le sujet y est au centre, il n’est nullement question d’un quelconque collectivisme. ‎Chaque travailleur doit être propriétaire de son outil de travail, il est donc le ‎bénéficiaire exclusif des revenus de son travail. Chaque travailleur est libre de ‎s’associer ou non avec autrui selon un contrat synallagmatique et commutatif que ‎l’une et l’autre des parties peut rompre à tout moment. Chacun est donc libre de se ‎retirer quand il le désire de l’association. ‎

Les travailleurs et les différentes associations sont en concurrence les uns avec les ‎autres et fournissent leurs services au juste prix.. C'est-à-dire, le coût de production ‎d'un produit. L’équilibre économique des forces économiques règne et elles sont ‎libres de se développer. ‎

C’est à travers le thème de « l’association progressive » qu’il va penser la manière ‎dont le mutuellisme doit être mis en place dans la société, et ce, sous l’impulsion des ‎travailleurs et non du gouvernement. On trouve là une subtilité de la pensée ‎Proudhonienne qui à pour but de changer radicalement l’ordre social, mais cela sans ‎les désordres d’une révolution politique. Il dira à cet égard : ‎
‎"La révolution politique – c'est à dire l'abolition de l'autorité parmi les hommes est le ‎but ; la révolution sociale est le moyen".‎

Pour Proudhon, la théorie de la mutualité est assimilable à une nouvelle constitution ‎‎: la constitution sociale. Elle correspond à un contrat économique et social, qui a ‎pour but d'organiser les rapports au sein de la sphère économique. ‎

La constitution sociale n'est autre chose que l'équilibre des intérêts, fondé sur le libre ‎CONTRAT et l'organisation des FORCES ECONOMIQUES, qui sont, en général : le ‎Travail, la Division du Travail, la Force collective, la Concurrence, le Commerce, la ‎Monnaie, les Machines, le Crédit, la Propriété, l'Egalité dans les transactions, la ‎Réciprocité des garanties, etc.‎

D) La Banque du peuple, ou moyen d'association progressive : ‎‎

La Banque du peuple a été fondée dans un triple but : ‎
‎1°- Appliquer les principes de constitution sociale exposés ci-devant, et préluder à la ‎réforme politique par un exemple de centralisation spontanée, indépendante et ‎sociale ‎
‎2°- Attaquer le gouvernementalisme, qui n'est autre chose que l'exagération du ‎communisme, en donnant l'essor à l'initiative populaire, et procurant de plus en plus ‎la liberté individuelle par la mutualité ; ‎
‎3°- Assurer le travail et le bien-être à tous les producteurs, en les organisant les uns ‎à l'égard des autres comme principe et fin de la production, en d'autres termes, ‎comme capitalistes et comme consommateurs. ‎

La Banque du peuple avait pour but de réformer l'ordre économique et social de son ‎temps. Malheureusement, Proudhon fut condamné à 3 ans de prison. ‎

‎ « L'humanité demande à ses maîtres : Pourquoi prétendez-vous régner sur moi et ‎me gouverner ? »‎

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Conversation
Hadrien
Posté le: 10/4/2007 22:20  Mis à jour: 10/4/2007 22:20
Membre
Inscrit le: 11/3/2007
De:
Envois: 1
 retirer l'article
salut aux webmasters.

pourriez vous virer l'article car je viens de le poste et il est illisible ...

je le reposterai des que possible.

merci.

a +
sylvain
Posté le: 10/4/2007 23:44  Mis à jour: 10/4/2007 23:48
membre
Inscrit le: 21/9/2006
De: bout !
Envois: 180
 Laisser l'article
Je viens de rendre lisible ton article (la prévisualisation rajoute toutes les balises) et de faire la mise en page en "page multiple"...donc plus besoin de le retirer !
C'est un énorme travail...je n'ai pas encore tout lu, car j'ai juste jeté un coup d'oeil en enlevant les balises "<b/>", mais ça donne envie d'en savoir plus sur Proudhon...et sur les proudhoniens qui postent sur l'Arbre...
invité(e)...
Posté le: 21/4/2007 20:45  Mis à jour: 21/4/2007 20:45
 Re: Laisser l'article
merci pour ton article, il est clair, et pour un peu qu'on ait le courage et/ou le temps de le lire jusqu'à la fin, il est passionnant!
invité(e)...
Posté le: 15/5/2007 10:15  Mis à jour: 15/5/2007 10:15
 question
Que dirait Proudhon de la toute nouvelle élection présidentielle ?
invité(e)...
Posté le: 16/5/2007 10:19  Mis à jour: 16/5/2007 10:19
 Re:
Quelle est démocratique !
invité(e)...
Posté le: 3/6/2007 17:18  Mis à jour: 3/6/2007 17:18
 Re:
Démocratique certes mais au sein du système parlementaire. Il s'agit donc d'un pis aller et non d'un démocratie véritable. le parlementarisme est pour lui fondé sur une considération d'ordre métaphysique, à avoir qu'une assemblée d'hommes pourrait représenter un peuple. D'ou vient la légitimité de ces lois ? quel principe obscur a conféré à ces hommes le droit de dire ... le droit !

voir à cet égard : "solution du problème social", première partie.

J'ajoute qu'anti-bonapartiste (même s'il a eu, il est vrai, des contacts avec le propre frère de napoléon 3) il s'est toujours opposé aux plébiscites et à l'idée qu'un homme puisse incarner autre chose que lui même. Toujours cette logique de l'immanence qui lui est si cher.

A titre personnel, force est de constater que Sarkozy a été élu régulièrement et conformément à nos lois.

++

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